PSG 2-0 OM: compte rendu d’un classique

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Le PSG n’avait gagné qu’une fois contre une équipe du top 5 avant ce deuxième Clasico de la saison. Et c’était déjà face à Marseille, dans un match qui avait laissé beaucoup de regrets aux Olympiens. Anigo, girouette tactique notoire, avait décidé pour ce choc de la 26ème journée de faire évoluer son équipe en 4-2-3-1. A l’inverse, pas de changement chez les champions en titre, ni dans le choix de la tactique, ni dans le choix des bonhommes.

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Les 5 premières minutes ne furent pas à la hauteur du raffut médiatique habituel pré-clasico: un vrai round d’observation. Les marseillais pressent haut, gênent les parisiens, mais sont imprécis techniquement quand il s’agit d’attaquer.

Il faut attendre la 7ème minute pour les premiers frissons, et quels frissons ! Lucas transperce la défense et lance Lavezzi en profondeur. El Pocho dribble Mandanda, mais, en homme fier et intègre, il reste fidèle à sa réputation et tire à côté du but pourtant vide. Ibra, choqué, manque de s’évanouir, ne parvenant pas à s’habituer à la stérilité chronique de son partenaire dans la finition.

Cette énorme occasion a au moins le mérite de lancer la rencontre. Deux minutes plus tard, on assiste à un petit festival technique entre Ibra, Verratti, et Lucas, qui aboutit à une occasion pour Lavezzi qui… vous vous doutez de la suite.

Il faut attendre dix minutes pour que Marseille utilise à bon escient son pressing, mais Valbuena, aux 25 mètres, ne cadre pas.

C’est le moment que le PSG choisit pour commencer à jouer à son jeu favori : celui de la possession. Marseille réussit moins à sortir de son camp mais Lucas, lui, s’en fout. Le Brésilien récupère la balle comme un grand dans ses 30 mètres, et au lieu de la redonner docilement à Thiago « Je n’ai pas de vice » Motta, il fonce. Oui, parfaitement, il fonce. R1, crochet, R1, crochet, R1, crochet, R1, crochet, R1, crochet, R1. Sauf qu’il appuie un peu trop sur l’accélérateur après son dernier dribble et n’a plus comme unique solution que de piquer son ballon au-dessus de Mandanda. Le Parc, debout sur toute l’action, commence à fêter le but de l’année mais rôde Fanni, qui dégage le ballon d’un tacle sur sa ligne de but.

L’OM a des difficultés à conserver le ballon, et s’énerve. Les fautes se multiplient. Les parisiens alternent largeur et profondeur mais sont dans ce dernier cas bien pris par la défense marseillaise. A la 25ème , Valbuena tente encore sa chance. Sirigu en profite pour se réveiller, d’une belle claquette plus pour son album photo que par vraie nécessité. Aux alentours de la demi-heure de jeu, les Parisiens décident d’accélérer et se créent une nouvelle occasion: Lavezzi mystifie N’Koulou, le fait asseoir d’un dribble, lui enlevant au passage sa dignité, puis centre pour Ibra. Le Suédois décide de rendre hommage à son coéquipier en smashant la balle de la tête… à côté.

Fin du premier acte sur un score nul et vierge malgré une domination parisienne avec quelques occasions assez folles et une équipe marseillaise joueuse. Dans les travées du Parc le public (averti) est outré: comment Lucas n’a-t-il pas pris au moins un carton jaune suite à son déboulé de folie ? Soit pour un geste irrespectueux envers l’OM, ses joueurs, et leurs reins, soit pour le fait d’avoir dribblé six joueurs, sur 60 mètres, pour finir par un petit piqué de poussin. Sérieusement  ?

La 2ème mi-temps débute bien pour les joueurs de l’OM qui ont l’engagement, et donc le ballon. Cela durera 10 secondes. A l’instar de la première période, il faut 5 minutes aux deux équipes pour émerger. Dans les travées, on se divertit comme on peut : « Eh franchement Laure Boulleau elle est fraîche hein. »

A la 50ème minute, Ibrahimovic se réveille enfin. Lancé sur le côté gauche, il cherche une première fois Maxwell mais manque sa passe. Enervé d’avoir oublié de jouer en première période, il s’arrache, récupère, et trouve cette fois Maxwell, qui, bien couvert par Morel, et seul face à Mandanda, ne se fait pas prier pour ouvrir le score d’un petit plat du pied des familles.

Les marseillais tentent de réagir par Payet dont la frappe est bien détournée par Sirigu. Marseille insiste, mais est victime des ses imprécisions techniques. A leur décharge, le pressing parisien est bien exécuté, emmené par Matuidi et Verratti. Le match semble alors s’emballer. Maxwell déborde, centre pour Matuidi qui laisse filer façon « Rivaldo 2002 » mais Ibra et Lucas se gênent pour reprendre. La maîtrise tactique des parisiens est sympathique : les joueurs permutent,  se projettent et compensent, tout en réussissant à conserver l’équilibre essentiel à l’équipe.

Anigo décide alors, oh surprise, de changer son système. Exit Thauvin, qui n’aura jamais existé, et bienvenue au meilleur joueur de Ligue 2 de la saison passée, Giannelli Imbula. Réorganisation en 4-4-2 en losange. Payet et Gignac en pointe ; Valbuena en meneur ; Imbula et Ayew en relayeurs soutenus par une pointe basse, Romao. En phase défensive, Payet vient aider côté droit, et pareil pour Ayew de l’autre côté.

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Ce changement est bénéfique à l’OM. Les joueurs d’Anigo conservent plus le ballon et s’installent pour quelques minutes dans le camp des locaux. Mais cette possession est une nouvelle fois stérile.

Les parisiens, eux, font le dos rond, et contrent en attendant de récupérer leur chère possession. En effet, le 4-4-2 en losange permet aux latéraux de jouer haut. Seulement, sur les transitions attaque-défense, ceux-ci doivent être couverts afin de ne pas laisser des boulevards sur les côtés. Lavezzi et Lucas, soutenus par Maxwell et VdW ont donc plus d’espaces mais n’en profitent pas efficacement.

A la 70ème Cavani signe son retour de blessure, son nom est scandé par le Parc.

Deux minutes plus tard, Payet arme une nouvelle frappe… en plein dans la tête d’Alex. Et là évènement !  Pour la première fois dans le championnat de France, Alex semble avoir mal. Il s’assoit, s’allonge, puis se relève. Taï-chi.

Après une nouvelle offensive marseillaise inaboutie, le PSG récupère la balle, pour ne plus la lâcher jusqu’à la fin du match. A la 79ème minute, un jeu splendide en triangle entre VdW, Lucas, et Verratti aboutit à un centre du néerlandais, en une touche et en pleine extension – excusez du peu. Résultat ? Tête de Cavani, seul aux 6m, et but. 2-0, le match est plié. Seule une dernière occasion inquiètera le Parc. Sur un corner de Payet, Valbuena coupe au premier poteau et trouve la base du montant de Sirigu. Cabaye et Pastore, qui attendaient depuis 5 bonnes minutes sur le bord de la pelouse, font alors leur entrée pour le principe.

Un petit dernier « Marseille, Marseille, on t’****** » et le Parc se videra tranquillement, apparemment satisfait de la perf des siens. Le PSG relègue Monaco à 8 points, et sauf grosse surprise, devrait empocher le 4ème titre de champion de France de son histoire fin mai. On notera également que le PSG égalise au nombre de victoires dans le Clasico, 32 partout, et de succès à domicile, 22 partout !

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